Elles étaient autrefois partout, derrière les comptoirs des cafés, sur les étagères des bistrots et sur les tables françaises. Aujourd’hui, certaines sont devenues quasiment introuvables…

Les 4, 5 et 6 décembre prochains, la maison Aibo Art Auction met aux enchères une collection exceptionnelle de 1 350 bouteilles françaises originales, toutes différentes, réunies une à une pendant quarante ans. Un ensemble consacré à l’âge d’or des apéritifs, digestifs, liqueurs et alcools français, qui raconte autant l’histoire de nos bistrots que celle de nos goûts, de nos habitudes et d’un certain art de vivre.
« Cette collection s’est construite bouteille après bouteille, au fil de plusieurs décennies de recherches, de hasards et surtout de rencontres, » raconte Bruno de Serbriant, actuel propriétaire de cette collection d’alcools français. « Derrière chacune d’elles, il y a une histoire : un bistrot disparu, une distillerie oubliée, une famille qui avait conservé une bouteille pendant des générations, un collectionneur ou un passionné qui m’a ouvert une porte. Certaines pièces m’ont demandé des années de quête avant de les retrouver. C’est aussi ce qui fait la valeur de cette collection à mes yeux : elle ne rassemble pas seulement des bouteilles rares, mais une multitude d’histoires et de fragments de notre patrimoine populaire. »

Le bistrot français raconté par ses bouteilles
Avant d’être des objets de collection, ces bouteilles étaient des objets du quotidien. Apéritifs, digestifs, vins toniques, liqueurs et spécialités régionales occupaient les comptoirs et les étagères des cafés à une époque où la France comptait une multitude de producteurs, de recettes et de marques.
Réunies aujourd’hui dans un même ensemble, elles composent un étonnant inventaire de la France des bistrots. Une France faite de comptoirs, de recettes locales, de marques familières ou depuis longtemps oubliées, mais aussi de pratiques et de discours qui racontent leur époque.
Avec ses 1 350 bouteilles sans aucun doublon, la collection donne surtout à voir la profusion qui caractérisait alors cet univers. Et elle n’en constitue pourtant qu’un aperçu : selon son collectionneur, cet ensemble ne représenterait qu’un millième de la diversité des bouteilles qui existaient à l’époque.

« À travers cette vente, c’est un véritable patrimoine populaire français qui réapparaît : celui de ces bouteilles que nos parents et grands-parents voyaient quotidiennement dans les bistrots et qui, sans que l’on y prête alors attention, ont accompagné plusieurs générations de Français, » raconte François-Régis Houel, président, cofondateur d’Aibo Art Auction.
Des objets devenus rares parce que personne ne songeait à les conserver C’est aussi tout le paradoxe de cette collection. Ces bouteilles n’étaient pas conçues pour traverser les décennies. Elles étaient achetées, consommées puis jetées. Pendant longtemps, elles n’intéressaient strictement personne, selon les mots du collectionneur. C’est précisément cette banalité d’hier qui fait leur rareté aujourd’hui.
La constitution de cet ensemble prend alors une dimension particulière : préserver méthodiquement ce qui semblait ne pas mériter de l’être. Au fil des années, les bouteilles du quotidien sont devenues les témoins matériels d’un monde en grande partie disparu.
Une histoire de marques, mais aussi de graphisme et de réclame
Au-delà de leur contenu, les bouteilles frappent par leurs étiquettes. C’est d’ailleurs leur qualité qui a initialement motivé la constitution de la collection : graphismes, coloris, compositions, typographies et textes publicitaires composent une extraordinaire galerie de la création commerciale française.
À une époque où l’affiche, l’étiquette et le comptoir étaient des territoires privilégiés de communication pour les marques, chaque bouteille devait raconter une histoire et attirer le regard. Certaines promettaient force ou vitalité, d’autres mettaient en avant une origine, une recette ou un savoir-faire. Alignées aujourd’hui, ces 1 350 bouteilles peuvent ainsi se lire comme autant de petites archives graphiques et publicitaires de la France populaire.
La vente aux enchères : 40 ans de collection – 1 350 bouteilles de spiritueux. Date : 4, 5, 6 décembre, horaires prochainement disponibles ICI.
Lieu : Paris (plus d’informations sur aiboartauction.com)
Exposition publique : 3, 4 et 5 décembre (horaires prochainement disponibles sur aiboartauction.com). Nombre de lots : 1 480 – Vente : Aibo Art Auction – En vente sur Interenchères et Drouot Live.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Source CP et visuels © Aibo Art Auction
